25 décembre 1992, j'ai vu le jour, les oiseaux pour moi chanter encore, je grandis en me sentant entourée, parents divorcés mais présents, mercredi je le passe chez papa ainsi que le week-end-end, la semaine chez maman. Quand je vais chez papa le soir il me raconte ses voyages à travers le monde, avant de dormir on fait des ombres chinoises sur le mur, puis un peu avant on mange de la glace à la fraise. Ensuite le lendemain matin papa me réveille et je vais me laver, dans le bain il m'apporte du soja, je suis heureuse, je mène la vie d'une petite fille normale. Voilà la face que tout le monde avait, puis il y l'envers du décor, chaque matin je me lève, me glisse dans le fauteuil que papa utilise comme lit, trop faible pour monter les escaliers et dormir dans sa chambre, je me cache en dessous des couvertures, change de chaine et attend, pendant cette attente qui parait durer une éternité je l'entend vomir à cause de sa maladie, ensuite je l'entend tousser, tousser pendant 10 minutes, puis papa revient, et fais comme si il ne m'avait pas vu, s'assoit sur moi et alors je cris et je rigole je dis qu'il est nul de ne pas m'avoir vu. Et la vie reprend son cour comme si rien ne c'était passé. Un jour ou je chantais dans ma chambre, un silence venant du bas me déranger puisqu'il y avait du monde à la maison de papa, Laurène et Cedric, alors je dessends et je les vois tous les trois pleurer, je demande ce qui ne va pas et ma soeur me répond qu'elle a un problème en cour, mais moi je n'y crois pas et insiste, alors papa me prend et m'assoie sur ses genoux, de sa voie roc mais remplie de tristesse qu'il m'annonce qu'un jours il partira et ne reviendra plus pour un voyage qui s'appelle la mort. Alors moi aussi je me suis mise a pleuré, mais pourtant je gardais espoir qu'un jour il guérirait. Puis j'ai grandi, encore un peu, 8 ans, a l'école on prépare les poèmes et les cadeaux de la fêtes des pères, mais la fête des pères pour moi se passera a l'hôpital, alors voilà arrive la fête des pères, à l'hôpital je lui offre ses cadeaux, a peine le temps de les ouvrir que papa ne se sent vraiment pas bien, on doit sortir, mais avant de sortir papa me promet que dans trois jours il rentrera à la maison, je le vois faible, maigre, et malade, mais j'y crois, papa ne me ferait pas des promesses qu'il ne tiendrait pas, c'est comme la promesse qu'il m'a faite, celle que plus tard il sera mon guitariste. Puis 2 jours plus tard je me lève, il fait beau, la journée a l'école se passe mal pourtant, une fille me dit qu'elle espère que mon père crèvera la grande gueule ouverte, alors je rentre à la maison, triste, dans la voiture je ne parle pas et maman non plus. Arrivé à la maison maman me dit de m'assoir dans le fauteuil, je m'exécute, en voyant bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas, alors maman s'assoie a côté de moi et m'annonce que papa est tombé dans le commas. Sur le coup moi je ne réalise pas, c'est dans la soirée que je comprend, et alors plus rien n'arrête mes larmes, je m'endors sur un oreiller tremper de mes larmes. Le lendemain matin je me réveille avec l'espoir que ce n'était qu'un mauvais rêve comme ceux auparavant, pourtant je comprend en voyant maman que c'est bien la réalité, alors la journée se passe, et moi je reste sur la balancelle sur la terrasse avec ma couverture a pleurer, jusque 4h30 ou le téléphone sonne, alors je rentre dans la maison, et vois maman pleurer, elle n'a pas besoin de parler, j'ai compris, compris que son c½ur avait cesser de battre, que la vie avait quitté son corps. Que le jour de la fête des pères était le dernier ou je l'aurais vu vivant et que je n'aurais même pas pu lui dire au revoir... que je n'aurais pas pu lui dire a quel point je l'aimais. Une semaine plus tard maman me demande si je veux aller dire au revoir a papa, elle me dit que se sera dur, et que je ne suis pas obligée, mais moi je veux, car sinon je ne réaliserais jamais qu'il est vraiment parti, qu'il ne vit plus. Alors avec tout mon courage, ce jour arrive, et je le vois allongé sur ce lit, froid, dénué de toutes expressions, coiffé d'une manière qu'il n'aimait pas. Voilà, dernière image que j'ai de toi papa. J'embrasse ta joue froide et te dis que je t'aime, sachant que tu ne m'entends pas. Les années ont passé, et la difficulté s'accentue au fil du temps, la douleur de ton absence se fait de plus en plus grande, le manque de repère dans ma vie se ressent de plus en plus. Ou es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? Je ne sais pas, toutes ces questions sans réponses, ces questions auxquelles j'aurais tant besoin d'avoir une réponse. Aujourd'hui, j'ai bientot 17ans, chaque jour je me lève comme une prisonnière avec un boulet attacher a la cheville, plus ou moins lourd selon les jours. Papa j'aurais aimé que ma plume soit plus légère, mais elle pèse, elle pèse de ce vide si lourd en moi qu'a laissé ton départ trop prématuré. Je dois me construire jour après jour, lutte après lutte pour ne pas resté ce corps à l'agonie. Mais je dois me battre, je n'ai pas d'autre choix, je le dois pour toi qui t'es battu durant toutes ces années contre la maladie, toi qui as surmonter les douleurs et ravaler tes plaintes pour me laisser l'image d'un papa fort, même malade. Je t'admire. Mais je ne peux pas te dire a quel point je trouve que tu es un modèle. On dit que le vrai tombeau des morts c'est le c½ur des vivants, je crois que c'est vrai, car tu vis toujours en moi, je sens ton c½ur battre a travers le mien, et lors des jours ou je n'ai plus la force, ton c½ur bat a la place du mien pour m'aider. J'aimerais que tu nous vois de là ou tu es, pour que tu vois que l'on réussit nos vies, Camille Laurène et moi un peu, elles ont des enfants qui un jours se demanderont ou il est papi... Quand j'écoute les gens parler de toi, tu incarnais le courage, la volonté, la générosité et la gentillesse, mais moi je ne pourrais jamais le voir par moi même, je n'ai que les souvenirs d'une enfant trop jeune pour connaitre vraiment quelqu'un... Je n'arrive pas a réaliser que pour le restant de ma vie tu ne seras pas là, tu ne seras plus là, jamais. Qui me remettra dans le doit chemin quand je n'y serais plus ? Qui me serrera dans ses bras quand j'aurais le c½ur brisé a cause d'un garçon ? Et qui me ferra la morale ? Mais surtout, qui me donnera ces repères qui me manques atrocement..? J'ai le mal de toi papa. Ton absence est la pire de mes souffrances.
Il y a ce vide qui grandi en moi. Et aussi ce regret qui me hante de ne pas t'avoir dit que je t'aimais papa...